Manneken Pis in the Green
Manneken Pis in the Green
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Manneken Pis est la plus petite célébrité de Bruxelles, un garçon saisi pour toujours au milieu de ses espiègleries sur son piédestal, plus aimé que presque n'importe quel monument deux fois sa taille. Art on Mirror prend cette insolence et la sertit dans un verre miroir coloré vert profond, conservant le geste et le sourire narquois et laissant tout le reste à l'obscurité.
Le garçon survit comme un champ de marques individuelles, un épais contour blanc autour du petit corps, les boucles, la posture, et une fine ligne éparse de points qui tracent son arc d'eau jusque dans le vide en dessous. La lumière ne tombe que d'un côté, de sorte que ce côté rassemble un champ grossier de fines égratignures tandis que le reste de la figure reste une silhouette noire pleine, comme si la moitié de lui était encore du bronze dans l'ombre et l'autre moitié captait une lampe qui passe.
Le vert n'est pas une décoration ici. C'est la couleur que prend le bronze après des années à l'extérieur, la patine qui se pose sur une statue aimée par trop de mains et trop d'intempéries, de sorte que le verre lui-même devient une seconde peau pour une figure que la ville a regardé vieillir pendant des siècles.
Rien n'est peint et rien n'est imprimé. L'image est façonnée en retirant la surface plutôt qu'en y ajoutant, un champ de fines égratignures taillées dans la surface du verre vert plutôt qu'appliquées dessus, de sorte qu'elle est là aussi bien en pleine lumière du jour que dans une pièce vide. La lumière ne crée pas l'image. Elle l'affûte, approfondissant le contraste là où la lampe la trouve et laissant le reste se retirer dans l'obscurité verte.
Parce que la surface est miroir, la pièce continue d'y arriver. Quiconque se tient devant ce petit garçon impertinent voit son propre contour dessiné dans le même vert derrière lui, saisi au milieu d'un regard comme lui est saisi au milieu d'un geste, faisant partie de la plaisanterie plutôt que de simplement l'observer.
Cette pièce continue la série Art on Mirror de Tijs Dragtsma, dans laquelle des images égratignées sont serties dans du verre miroir coloré et le spectateur devient partie de l'œuvre. Un langage visuel où les dommages ne sont pas une destruction, mais une structure, et où le miroir transforme le regard en participation.
« Même un monument aussi petit peut teindre toute une pièce de vert avec ses espiègleries. »
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